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mercredi 24 janvier 2018
lundi 30 octobre 2017
688 - Les lavandières
Inde 2014 photo 3970 n&b
Inde : Les lavandières de Badami
"....
Puis la plaine avec ses moissons, puis les hameaux
D'où viennent s'abreuver, au bord, les animaux :
Bœufs, chevaux ; tandis qu'en amont, les lavandières
Font claquer leurs battoirs sur le linge et les pierres.
Ou bien plongent leurs bras nacrés dans l'eau qui court,
Et, montrant leurs pieds nus, le jupon troussé court,
Chantent une chanson où le roi les épouse.
Chanson, pieds nus, bras blancs, font que ce gars en blouse
Distrait, laisse aller seul son cheval fatigué,
Fumant, poitrail dans l'eau, par les courbes du gué.
D'où viennent s'abreuver, au bord, les animaux :
Bœufs, chevaux ; tandis qu'en amont, les lavandières
Font claquer leurs battoirs sur le linge et les pierres.
Ou bien plongent leurs bras nacrés dans l'eau qui court,
Et, montrant leurs pieds nus, le jupon troussé court,
Chantent une chanson où le roi les épouse.
Chanson, pieds nus, bras blancs, font que ce gars en blouse
Distrait, laisse aller seul son cheval fatigué,
Fumant, poitrail dans l'eau, par les courbes du gué.
..."
Charles Cros Le fleuve
vendredi 27 octobre 2017
687 - Aux femmes
Inde 2014 photo 3913 n&b 1/30
Inde : Bangalore, marché ...
"...
L'heure sonne, écoutez, c'est l'heure de la femme ;
Car les temps sont venus, où, tout vêtu de noir,
L'homme, funèbre, a l'air d'être en deuil de son âme
Ah ! rendez-lui son âme, et, comme en un miroir,
Qu'il regarde en la vôtre et qu'il aime à s'y voir.
Car les temps sont venus, où, tout vêtu de noir,
L'homme, funèbre, a l'air d'être en deuil de son âme
Ah ! rendez-lui son âme, et, comme en un miroir,
Qu'il regarde en la vôtre et qu'il aime à s'y voir.
..."
Germain Nouveau Aux femmes
lundi 16 octobre 2017
680 - Le couturier
Inde 2015 photo 5019 n&b 1/30
Inde : Mysore
Cent
fois, sur le métier,
J'ai
remis mon ouvrage,
J'ai
repris le sentier
Du
travail avec rage.
Souvent
comme une brute
J'ai
cassé puis refait:
Créer
en la minute
Le
chef-d’œuvre parfait !
Et
de fil en aiguille
J'ai
forcé mon esprit
A
vous bâtir, ô fille
Merveilleuse
et sans prix !
J'ai
respecté la trame :
Pas
un petit défaut !
Et vous devenez dame
Aux
atouts triomphaux !
Et
je m'en vais rêvant
A
ta chair épicée,
Sur
un exquis divan
Mes
rêves t'ont hissée.
Pierre Dupuis
vendredi 6 octobre 2017
676 - Ô femme pas une graine de mil ...
Sénégal 2016 photo 5154b n&b 1/30
Sénégal, Yoff : dans
le village , j’ai goûte de nouvelles choses aujourd'hui, des
accras à la farine de pois chiches avec une sauce à l'oignon, puis
du « mijoté », une sorte de ragoût au thon frais
(des bonites en fait ) et à l'oignon, et comme c’est vendu dans
la rue, ça se mange froid en sandwich dans une demi baguette,
c’était mon petit dej !!!
Voici que l’air s’immobilise
Pas une aile d’oiseau
La cigale a délaissé l’archet de son violon
Aucune cadence du pilon de Kumba
Ô femme pas une graine de mil
Concassé sur ton van
Midi tu me fais peur
Tu as éparpillé tes braises
La femme assise à l’ombre
Tresse les cheveux de ses compagnes
Femme à l’affût d’un imprudent
Midi tu me fais peur
Voici que l’air s’immobilise
Comme du lait caillé au fond
D’une calebasse
Pas une aile d’oiseau
La cigale a délaissé l’archet de son violon
Aucune cadence du pilon de Kumba
Ô femme pas une graine de mil
Concassé sur ton van
Midi tu me fais peur
Tu as éparpillé tes braises
La femme assise à l’ombre
Tresse les cheveux de ses compagnes
Femme à l’affût d’un imprudent
Midi tu me fais peur
Voici que l’air s’immobilise
Comme du lait caillé au fond
D’une calebasse
Cheik Aliou Ndao
mercredi 4 octobre 2017
675 - Et l’ombre mord un pan du village ...
Sénégal 2016 photo 5161 n&b 1/30
Senegal : Yoff, je
commence ma journée avec les pêcheurs, des le lever du jour, voire
bien avant, le vie du village est là, sur la plage.
Je
discute un moment avec Malek, installé dans sa pirogue, sa fillette
de trois ans à ses côtés qu grimpe partout ; il me parle de
ses pêches en Angola, où il partait en groupe, jusqu'à 45
pirogues ...
Mes villages ont peur de l’ombre
Mais l’ombre les prévient
Avant de les habiller de nuit
Une mère avive le tison pâle
Un enfant ramène les chèvres
Un père bénit le soir hésitant
Et l’ombre mord un pan du village
Si doucement que la peur s’estompe
Bonne nuit villages d’Afrique.
Malick
Fall
lundi 2 octobre 2017
674 - C'est I'Afrique qui repousse
Sénégal 2016 photo 5154c n&b 1/30
Sénégal : Yoff, ce
matin promenade chez les Lebou, des pêcheurs qui occupent le site
depuis des siecles ...
Afrique
mon Afrique
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-mère
Au bord de son fleuve lointain
Je ne t'ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
Le travail de I' esclavage
L'esclavage de tes enfants
Afrique dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de l'humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas
Splendidement seul au milieu des fleurs
blanches et fanées
C'est I'Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
L' amère saveur de la liberté.
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-mère
Au bord de son fleuve lointain
Je ne t'ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
Le travail de I' esclavage
L'esclavage de tes enfants
Afrique dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de l'humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas
Splendidement seul au milieu des fleurs
blanches et fanées
C'est I'Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
L' amère saveur de la liberté.
David
Diop
mercredi 27 septembre 2017
673 - Le pouls profond de l'Afrique
Sénégal 2016 photo 5164d n&b 1/30
Senegal : Yoff, un vent à decorner les bœufs, des chèvres dans les rues, à part
la rue principale pas de goudron ,du sable, des tapis de mouches
absolument partout ...
Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques, tes mains douces plus que fourrure.
Là-haut les palmes balancées qui bruissent dans la haute brise nocturne
À peine. Pas même la chanson de nourrice.
Qu'il nous berce, le silence rythmé.
Écoutons son chant, écoutons battre notre sang sombre, écoutons
Battre le pouls profond de l'Afrique dans la brume des villages perdus.
Voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale
Voici que s'assoupissent les éclats de rire, que les conteurs eux-mêmes
Dodelinent de la tête comme l'enfant sur le dos de sa mère
Voici que les pieds des danseurs s'alourdissent, que s'alourdit la langue des chœurs alternés.
C'est l'heure des étoiles et de la Nuit qui songe
S'accoude à cette colline de nuages, drapée dans son long pagne de lait.
Les toits des cases luisent tendrement. Que disent-ils, si confidentiels, aux étoiles ?
Dedans, le foyer s'éteint dans l'intimité d'odeurs âcres et douces.
...
Léopold Sedar Senghor
lundi 25 septembre 2017
672 - La lavandière
Laos 2013 photo 1570 n&b 1/30
Laos :Vang Vieng, la lessive dans la campagne juste avant Ban Phone Ngeum ...
Sachez
qu’hier, de ma lucarne,
J’ai vu, j’ai couvert de clins d’yeux
Une fille qui dans la Marne
Lavait des torchons radieux.
J’ai vu, j’ai couvert de clins d’yeux
Une fille qui dans la Marne
Lavait des torchons radieux.
...
Ô
laveuse à la taille mince
Qui vous aime est dans un palais.
Si vous vouliez, je serais prince ;
Je serais dieu, si tu voulais. — »
Qui vous aime est dans un palais.
Si vous vouliez, je serais prince ;
Je serais dieu, si tu voulais. — »
…
Victor
Hugo La chanson des rues et des bois
vendredi 22 septembre 2017
671 - Les piègeurs d'oiseaux
Laos 2013 photo 1571 n&b 1/30
Laos :Vang Vieng, environs Ban Phone Ngeum. Les piégeurs d'oiseaux. Je m'étais égaré en suivant un torrent asséché quand je suis tombé sur ces deux pirates... Ils fabriquaient leurs pièges sur place ...
Laos :Vang Vieng, environs Ban Phone Ngeum. Les piégeurs d'oiseaux. Je m'étais égaré en suivant un torrent asséché quand je suis tombé sur ces deux pirates... Ils fabriquaient leurs pièges sur place ...
Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour.
Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,
Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête.
Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.
Te figures-tu donc être un tel but final
Que tu puisses sans peur devenir infernal,
Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,
Échiner le baudet, exténuer la rosse,
En lui crevant les yeux engraisser l'ortolan,
Et massacrer les bois trois ou quatre fois l'an ?
Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,
Confine à l'assassin et touche au sacrilège.
Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.
Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit
Pour donner meilleur goût à la caille rôtie
Que le soleil ajoute une aigrette à l'ortie,
Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ?
Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.
Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,
Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête.
Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.
Te figures-tu donc être un tel but final
Que tu puisses sans peur devenir infernal,
Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,
Échiner le baudet, exténuer la rosse,
En lui crevant les yeux engraisser l'ortolan,
Et massacrer les bois trois ou quatre fois l'an ?
Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,
Confine à l'assassin et touche au sacrilège.
Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.
Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit
Pour donner meilleur goût à la caille rôtie
Que le soleil ajoute une aigrette à l'ortie,
Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ?
Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.
Victor Hugo
mercredi 20 septembre 2017
670 - La vie n'a pas d'âge
Laos 2013 photo 1585 n&b 1/30
Laos :Vientiane, marché Khua Dinv. Cette vieille femme avait une peau fascinante, fripée au dela du raisonnable, les veines saillantes, comme en relief; on aurait dit qu'il n'y avait plus assez de corps pour remplir cette peau...
La
vie n'a pas d'âge.
La vraie jeunesse ne s'use pas.
On a beau l'appeler souvenir,
On a beau dire qu'elle disparaît,
On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va,
Tout ce qui est vrai reste là.
Quand la vérité est laide, c'est une bien fâcheuse histoire,
Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.
Les gens très âgés remontent en enfance
Et leur coeur bat
Là ou il n'y a pas d'autrefois.
La vraie jeunesse ne s'use pas.
On a beau l'appeler souvenir,
On a beau dire qu'elle disparaît,
On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va,
Tout ce qui est vrai reste là.
Quand la vérité est laide, c'est une bien fâcheuse histoire,
Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.
Les gens très âgés remontent en enfance
Et leur coeur bat
Là ou il n'y a pas d'autrefois.
Jacques Prévert
vendredi 9 juin 2017
659 - Street photo
Cambodge 2013 photo 2489 n&b 1/30
Cambodge Koh Kong
"La
mer ! Elle est la grande soeur
dont la berce, inlassable,
les peines, le sommeil de la Terre et du Ciel.
Elle-même
a vie en mouvement
qui chante
la marche d'or du soleil
le tournoi des planètes
et la noce éternelle du jour et de la nuit.
La vie inépuisable
qui se propage, une et généreuse, à tous les continents.
Elle est le manteau large
couleur d'émeraude et d'azur
sur l'épaule de la fraternité du monde."
dont la berce, inlassable,
les peines, le sommeil de la Terre et du Ciel.
Elle-même
a vie en mouvement
qui chante
la marche d'or du soleil
le tournoi des planètes
et la noce éternelle du jour et de la nuit.
La vie inépuisable
qui se propage, une et généreuse, à tous les continents.
Elle est le manteau large
couleur d'émeraude et d'azur
sur l'épaule de la fraternité du monde."
Jacques
Rabemananjara
mercredi 7 juin 2017
658 - Mon eau chante ...
Cambodge 2013 photo 2484 n&b 1/30
Cambodge : Kampong Chnang, depuis le ferry Île Kampong Lang ...
Mon eau n'écoute
pas
mon eau chante
comme un secret
mon eau ne chante
pas
mon eau exulte
comme un secret
mon eau travaille
et à travers tout
roseau exulte
jusqu'au lait du
rire
mon eau est un
petit enfant
mon eau est un
sourd
mon eau est un
géant qui te tient sur la
poitrine un lion
ô vin
vaste immense
par le basilic de
ton regard complice et somptueux
Aimé Césaire
Cadastre
mardi 6 juin 2017
657 - Enfant des îles
Cambodge 2013 photo 2482 n&b 1/30
Cambodge Kampong Chnang Île Kampong Lang
Au sombre étage
colonial
les plantes vertes se nourrissent de luxure
ta couche est parfumée
une tempête de senteurs
goyave dépravée délivrée de sa branche
mon bain sensuel attisant l'alcool
Entretenue parée
endimanchée de rêves
tu enfiles des soleils à ton cou
tu accroches de soleils à tes oreilles
des bracelets de soleil étincellent à tes poignets
les plantes vertes se nourrissent de luxure
ta couche est parfumée
une tempête de senteurs
goyave dépravée délivrée de sa branche
mon bain sensuel attisant l'alcool
Entretenue parée
endimanchée de rêves
tu enfiles des soleils à ton cou
tu accroches de soleils à tes oreilles
des bracelets de soleil étincellent à tes poignets
Ernest Pépin
vendredi 2 juin 2017
656 - A ce Printemps perdu
Cambodge 2013 photo 2481a n&b 1/30
Cambodge : Kampong Chnang, Île Kampong Lang, la vieille femme taillait des baguettes ...
" A ce Printemps perdu
où nous nous sommes aimés
au bord de la rivière
un jour du mois de Mai
où nous nous sommes aimés
au bord de la rivière
un jour du mois de Mai
A ce Printemps perdu
où l’on sent le bonheur
quitter cette espérance
qu’on laisse et ne voit plus
où l’on sent le bonheur
quitter cette espérance
qu’on laisse et ne voit plus
A ce Printemps perdu
et à la renaissance
d’une passion si belle
Vie qui n’existe plus
et à la renaissance
d’une passion si belle
Vie qui n’existe plus
..."
Elodie Santos A ce printemps perdu
mercredi 31 mai 2017
655 - Le fils du marchand d'oeufs
Inde 2015 photo 5018 n&b 1/30
Inde : Mysore, le fils du marchand d'oeufs
Je suis étrange, je suis original
Je me demande si toi aussi
J'entends des voix dans l'air
Je vois que ce n'est pas ton cas et ce n'est pas juste
Je ne veux pas être triste
Je suis étrange, je suis original
Je fais comme si toi aussi
J'ai l'impression d'être un garçon dans l'espace
Je touche les étoiles et ne me sens pas à ma place
Je m'inquiète de ce que les autres pensent
Je pleure quand les gens rient, je me sens tout petit
Je suis étrange, je suis original
Je comprends maintenant que toi aussi
Je dis 'je me sens comme un naufragé'
Je rêve d'un jour où ce ne serait pas un problème
J'essaye de trouver ma place
J'espère y arriver un jour
Je suis étrange, je suis original."
Benjamin 10 ans
lundi 29 mai 2017
654 - Les marchands de fruits
Inde 2015 photo 5017 n&b 1/30
Inde : Mysore, autour du Devaraja market les marchands de fruits sont bien place ...
Je me suis bien régalé de fruits d'automne,
Je me suis bien régalé avec la pomme du pommier.
Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.
Je me suis bien régalé de fruits d'automne,
Je me suis bien régalé avec la poire du poirier.
Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.
Je me suis bien régalé avec la pomme du pommier.
Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.
Je me suis bien régalé de fruits d'automne,
Je me suis bien régalé avec la poire du poirier.
Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.
Roland Topor
vendredi 26 mai 2017
653 - Famille khmère
Cambodge 2013 photo 2480 n&b 1/30
Cambodge : Kampong Chnang, Île de Kampong Lang ....
" Je me souviens de l’océan
Chaud et doux,
S’entêtant à me séduire,
S’allongeant sur mes rêves.
Chaud et doux,
S’entêtant à me séduire,
S’allongeant sur mes rêves.
Face aux torrents agités, crissants, d’ici,
Je me souviens de la vie là-bas,
Légère,
Fluide comme une rivière,
Traversante,
Dans un horizon sans barrière.
Je me souviens de la vie là-bas,
Légère,
Fluide comme une rivière,
Traversante,
Dans un horizon sans barrière.
Je me souviens aussi,
Du souvenir de vous,
Mes êtres demeures,
Comme des arbres absents,
Dont l’ombre fraîche manquait sur mes rives.
Du souvenir de vous,
Mes êtres demeures,
Comme des arbres absents,
Dont l’ombre fraîche manquait sur mes rives.
Je me souviens de l’océan.
Je me souviens de vous absents.
Je me souviens de vous absents.
Je me souviens encore de ceux,
Là-bas,
Restés sous le soleil ardent,
Sur les rives de ma rivière absente.
Là-bas,
Restés sous le soleil ardent,
Sur les rives de ma rivière absente.
..."
Maëlle Ranoux
mercredi 24 mai 2017
652 - Barque khmère
Cambodge 2013 photo 2474 n&b 1/30
Cambodge : Kampong Chnang, pour se déplacer au village flottant ...
Ce n’est pourtant qu’un assez grossier réceptacle, une cuiller de bois sans manche : mais creusée et cintrée pour permettre une direction du pilote, elle semble avoir son idée, comme une main faisant le signe couci-couça.
Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c’est pour les besoins de la cause.
Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte tel un fétu.
Francis Ponge « La barque » Le Parti pris des choses
lundi 22 mai 2017
651 - Floating village
Cambodge 2013 photo 2470 n&b 1/30
Cambodge environs Kampong Cham
Le vieux village était rempli de roses
et je marchais dans la grande chaleur
et puis ensuite dans la grande froideur
de vieux chemins où les feuilles s’endorment.
et je marchais dans la grande chaleur
et puis ensuite dans la grande froideur
de vieux chemins où les feuilles s’endorment.
Puis je longeai un mur long et usé ;
c’était un parc où étaient de grands arbres,
et je sentis une odeur du passé,
dans les grands arbres et dans les roses blanches.
c’était un parc où étaient de grands arbres,
et je sentis une odeur du passé,
dans les grands arbres et dans les roses blanches.
Personne ne devait l’habiter plus…
Dans ce grand parc, sans doute, on avait lu…
Et maintenant, comme s’il avait plu,
les ébéniers luisaient au soleil cru.
Dans ce grand parc, sans doute, on avait lu…
Et maintenant, comme s’il avait plu,
les ébéniers luisaient au soleil cru.
Ah ! des enfants des autrefois, sans doute,
s’amusèrent dans ce parc si ombreux…
On avait fait venir des plantes rouges
des pays loin, aux fruits très dangereux.
s’amusèrent dans ce parc si ombreux…
On avait fait venir des plantes rouges
des pays loin, aux fruits très dangereux.
Et les parents, en leur montrant les plantes,
leur expliquaient : celle-ci n’est pas bonne…
c’est du poison… elle arrive de l’Inde…
et celle-là est de la belladone.
leur expliquaient : celle-ci n’est pas bonne…
c’est du poison… elle arrive de l’Inde…
et celle-là est de la belladone.
Et ils disaient encore : cet arbre-ci
vient du Japon où fut votre vieil oncle…
Il l’apporta tout petit, tout petit,
avec des feuilles grandes comme l’ongle.
vient du Japon où fut votre vieil oncle…
Il l’apporta tout petit, tout petit,
avec des feuilles grandes comme l’ongle.
Ils disaient encore : nous nous souvenons
du jour où l’oncle revint d’un voyage aux Indes ;
il arriva à cheval, par le fond
du village, avec un manteau et des armes…
du jour où l’oncle revint d’un voyage aux Indes ;
il arriva à cheval, par le fond
du village, avec un manteau et des armes…
C’était un soir d’été. Des jeunes filles
couraient au parc où étaient de grands arbres,
des noyers noirs avec des roses blanches,
et des rires sous les noires charmilles.
couraient au parc où étaient de grands arbres,
des noyers noirs avec des roses blanches,
et des rires sous les noires charmilles.
Et les enfants couraient, criant : c’est l’oncle !
Lui descendait avec son grand chapeau,
du grand cheval, avec son grand manteau…
Sa mère pleurait : ô mon fils !… Dieu est bon…
Lui descendait avec son grand chapeau,
du grand cheval, avec son grand manteau…
Sa mère pleurait : ô mon fils !… Dieu est bon…
Lui, répondait : nous avons eu tempête…
L’eau douce a bien failli manquer à bord.
Et la vieille mère le baisait sur la tête
en lui disant : mon fils, tu n’es pas mort…
L’eau douce a bien failli manquer à bord.
Et la vieille mère le baisait sur la tête
en lui disant : mon fils, tu n’es pas mort…
Mais à présent où est cette famille ?
A-t-elle existé ? A-t-elle existé ?
Il n’y a plus que des feuilles qui luisent,
aux arbres drôles, comme empoisonnés…
A-t-elle existé ? A-t-elle existé ?
Il n’y a plus que des feuilles qui luisent,
aux arbres drôles, comme empoisonnés…
Et tout s’endort dans la grande chaleur…
Les noyers noirs pleins de grande froideur…
Personne là n’habite plus…
Les ébéniers luisent au soleil cru.
Les noyers noirs pleins de grande froideur…
Personne là n’habite plus…
Les ébéniers luisent au soleil cru.
Francis Jammes
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