Affichage des articles dont le libellé est Cambodge. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cambodge. Afficher tous les articles

lundi 4 septembre 2017

663 - Drôle de coco ce cola là !

Cambodge 2013                                      photo 2694 1/30

Cambodge : Phnom Penh, Où que vous soyez dans le monde, vous en trouverez. Le Coca-Cola est aujourd’hui un des symboles de la consommation de masse et de la mondialisation. 


" ...
Casse-couilles !
C C, va !
Coca-cola, va.
Playmobil.
Demi… demi-playmobil !
Mais enfin mademoiselle…
Enfin, je ne comprends… pas…
C.. C'est une méprise…
Gros puceau, va !
Ouais, tu veux que j'continue à t'insulter ?
Mais pourquoi tu restes là ?
Alleeez, vas-t'en !
Tu chantes, t'es poëte et t'es en manque…. Vas-t'en…
Sois gentil, rentres chez toi
Bois une bière au bar
J'ai déjà pas mal bu…
Qu'est-ce que tu veux ?
Mais BOOUUUGE !"

Philippe Katerine

vendredi 1 septembre 2017

662 - J’emplis mes narines de ces âpres parfums ...

Cambodge 2013                                                                  photo 2684   1/30

Cambodge : Phnom penh, beaucoup de choses se passent dans la rue ...

Aux vertiges de mes larges concupiscences,
Une inclinaison hardie pour les voluptés
Cajole mon cœur et ma phtisique existence
– Ainsi, je me consacre aux marcs ensorcelés.


J’abreuve mon esprit de cette douce essence
Et comme Sîn lune durant l’obscurité
Je serpente l’amer et cueille les fragrances
Délicates des lointains rivages sablés.


Et ces ténèbres m’enjôlent d’une langueur
Acrimonieuse et fascinante de saveurs.


J’emplis mes narines de ces âpres parfums
Et m’abandonne enivré aux philtres mystiques,
Encore un arôme de cannelle sur son sein.
L’ivresse est absolue – ma nymphéa d’Afrique.

Didier Sicchia, La rhétorique de l’ineffable,

jeudi 31 août 2017

661 - La fille et le chien

Cambodge 2013                                                                     photo 2542  2/30

 Cambodge : Koh Kong, village de Phumi Pak Khlang, à l'embouchure de la Prek Kaoh Pao.



Un soir où je marchais dans les rues d'une ville
J’aperçus par hasard un couple bien étrange
Formé d'un grand chien noir que tenait une fille,
Une petite fille au visage d'un ange.

Elle était accroupie contre son compagnon,
Le tenant enlacé de ses bras longs et pales
Qui encerclaient le cou et ses grands cheveux blonds
Pendaient négligemment sur ses vêtements sales.

Durant quelques instants, j'ai croisé son regard
Et j'ai vu dans ses yeux une grande tristesse
Et les yeux du grand chien reflétaient ce regard
Qui traduisait sans peine une immense détresse.

Et puis j'ai poursuivi mon chemin inutile,
Laissant sur son trottoir la douloureuse enfant
Et son fidèle ami au cœur de cette ville,
Eux qui surent trop tôt le désenchantement.

Lorsque je vous revois dans cette rue obscure,
O toi la douce enfant, et toi, son beau chien noir,
J'imagine pour vous un brasier de verdure
Dans lequel vous courez sans ombre à votre espoir.

Renaud Bosc

mercredi 30 août 2017

660 - Le village à midi

Cambodge 2013                                                                     photo 2486  1/30

Cambodge : Kampong Chnang, Île de Kampong Lang, 

Le village à midi. La mouche d’or bourdonne
entre les cornes des bœufs.
Nous irons, si tu le veux,
Si tu le veux, dans la campagne monotone.

Entends le coq… Entends la cloche… Entends le paon…
Entends là-bas, là-bas, l’âne…
L’hirondelle noire plane,
Les peupliers au loin s’en vont comme un ruban.

Le puits rongé de mousse ! Écoute sa poulie
qui grince, qui grince encor,
car la fille aux cheveux d’or
tient le vieux seau tout noir d’où l’argent tombe en pluie.

La fillette s’en va d’un pas qui fait pencher
sur sa tête d’or la cruche,
sa tête comme une ruche,
qui se mêle au soleil sous les fleurs du pêcher.

Et dans le bourg voici que les toits noircis lancent
au ciel bleu des flocons bleus ;
et les arbres paresseux
à l’horizon qui vibre à peine se balancent.

Francis Jammes

vendredi 9 juin 2017

659 - Street photo

Cambodge 2013                                                           photo 2489 n&b  1/30

Cambodge Koh Kong



"La mer ! Elle est la grande soeur
dont la berce, inlassable,
les peines, le sommeil de la Terre et du Ciel.
Elle-même
a vie en mouvement
qui chante
la marche d'or du soleil
le tournoi des planètes
et la noce éternelle du jour et de la nuit.
La vie inépuisable
qui se propage, une et généreuse, à tous les continents.
Elle est le manteau large
couleur d'émeraude et d'azur
sur l'épaule de la fraternité du monde."
Jacques Rabemananjara

mercredi 7 juin 2017

658 - Mon eau chante ...

Cambodge 2013                                                          photo 2484 n&b   1/30

Cambodge : Kampong Chnang, depuis le ferry Île Kampong Lang ...


Mon eau n'écoute pas
mon eau chante comme un secret
mon eau ne chante pas
mon eau exulte comme un secret
mon eau travaille
et à travers tout roseau exulte
jusqu'au lait du rire
mon eau est un petit enfant
mon eau est un sourd
mon eau est un géant qui te tient sur la
poitrine un lion
ô vin
vaste immense
par le basilic de ton regard complice et somptueux


Aimé Césaire    Cadastre



mardi 6 juin 2017

657 - Enfant des îles

Cambodge 2013                                                          photo 2482 n&b   1/30

Cambodge Kampong Chnang Île Kampong Lang

Au sombre étage colonial
les plantes vertes se nourrissent de luxure
ta couche est parfumée
une tempête de senteurs
goyave dépravée délivrée de sa branche
mon bain sensuel attisant l'alcool
Entretenue parée
endimanchée de rêves
tu enfiles des soleils à ton cou
tu accroches de soleils à tes oreilles
des bracelets de soleil étincellent à tes poignets


Ernest Pépin


vendredi 2 juin 2017

656 - A ce Printemps perdu

Cambodge 2013                                                         photo 2481a n&b   1/30

Cambodge : Kampong Chnang, Île Kampong Lang, la vieille femme taillait des baguettes ...


" A ce Printemps perdu
où nous nous sommes aimés
au bord de la rivière
un jour du mois de Mai


A ce Printemps perdu
où l’on sent le bonheur
quitter cette espérance
qu’on laisse et ne voit plus


A ce Printemps perdu
et à la renaissance
d’une passion si belle
Vie qui n’existe plus
..."
Elodie Santos    A ce printemps perdu

vendredi 26 mai 2017

653 - Famille khmère

Cambodge 2013                             photo 2480 n&b   1/30

Cambodge : Kampong Chnang, Île de Kampong Lang ....

" Je me souviens de l’océan
Chaud et doux,
S’entêtant à me séduire,
S’allongeant sur mes rêves.
Face aux torrents agités, crissants, d’ici,
Je me souviens de la vie là-bas,
Légère,
Fluide comme une rivière,
Traversante,
Dans un horizon sans barrière.
Je me souviens aussi,
Du souvenir de vous,
Mes êtres demeures,
Comme des arbres absents,
Dont l’ombre fraîche manquait sur mes rives.
Je me souviens de l’océan.
Je me souviens de vous absents.
Je me souviens encore de ceux,
Là-bas,
Restés sous le soleil ardent,
Sur les rives de ma rivière absente.

..."

Maëlle Ranoux

mercredi 24 mai 2017

652 - Barque khmère

Cambodge 2013                                                           photo 2474 n&b  1/30

Cambodge : Kampong Chnang, pour se déplacer au village flottant ...


La barque tire sur sa longe, hoche le corps d’un pied sur l’autre, inquiète et têtue comme un jeune cheval.
Ce n’est pourtant qu’un assez grossier réceptacle, une cuiller de bois sans manche : mais creusée et cintrée pour permettre une direction du pilote, elle semble avoir son idée, comme une main faisant le signe couci-couça.
Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c’est pour les besoins de la cause.
Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte tel un fétu.

Francis Ponge « La barque » Le Parti pris des choses

lundi 22 mai 2017

651 - Floating village

Cambodge 2013                                                           photo 2470 n&b  1/30

Cambodge environs Kampong Cham  

Le vieux village était rempli de roses
et je marchais dans la grande chaleur
et puis ensuite dans la grande froideur
de vieux chemins où les feuilles s’endorment.

Puis je longeai un mur long et usé ;
c’était un parc où étaient de grands arbres,
et je sentis une odeur du passé,
dans les grands arbres et dans les roses blanches.

Personne ne devait l’habiter plus…
Dans ce grand parc, sans doute, on avait lu…
Et maintenant, comme s’il avait plu,
les ébéniers luisaient au soleil cru.

Ah ! des enfants des autrefois, sans doute,
s’amusèrent dans ce parc si ombreux…
On avait fait venir des plantes rouges
des pays loin, aux fruits très dangereux.

Et les parents, en leur montrant les plantes,
leur expliquaient : celle-ci n’est pas bonne…
c’est du poison… elle arrive de l’Inde…
et celle-là est de la belladone.

Et ils disaient encore : cet arbre-ci
vient du Japon où fut votre vieil oncle…
Il l’apporta tout petit, tout petit,
avec des feuilles grandes comme l’ongle.

Ils disaient encore : nous nous souvenons
du jour où l’oncle revint d’un voyage aux Indes ;
il arriva à cheval, par le fond
du village, avec un manteau et des armes…

C’était un soir d’été. Des jeunes filles
couraient au parc où étaient de grands arbres,
des noyers noirs avec des roses blanches,
et des rires sous les noires charmilles.

Et les enfants couraient, criant : c’est l’oncle !
Lui descendait avec son grand chapeau,
du grand cheval, avec son grand manteau…
Sa mère pleurait : ô mon fils !… Dieu est bon…

Lui, répondait : nous avons eu tempête…
L’eau douce a bien failli manquer à bord.
Et la vieille mère le baisait sur la tête
en lui disant : mon fils, tu n’es pas mort…

Mais à présent où est cette famille ?
A-t-elle existé ? A-t-elle existé ?
Il n’y a plus que des feuilles qui luisent,
aux arbres drôles, comme empoisonnés…

Et tout s’endort dans la grande chaleur…
Les noyers noirs pleins de grande froideur…
Personne là n’habite plus…
Les ébéniers luisent au soleil cru.

Francis Jammes

jeudi 18 mai 2017

650 - Carrelet

Cambodge 2013                              photo 2468 n&b  1/30

Cambodge environs Kampong Cham  


" Des îles à fleur d'eau posées comme des stèles
Et des grèves parées de carrelets fidèles,
Cramponnés à leur roc, abandonnés aux vents,
Opposant aux marées leurs membres gémissants.

Qui n'a vu au matin leur frêle silhouette
Se donner pour perchoir au courlis, à la mouette,
Ou leur maigre reflet aux flaques miroitant
Dans le rouge horizon et le soleil couchant,
..."

Claudec

vendredi 12 mai 2017

648 - Sans ciller

Cambodge 2013                                     photo 2059    1/30

Cambodge : Ban Lung, je lui avais demandé, elle était d'accord et plutôt contente de se faire prendre en photo, l'a t-elle regretté à ce moment ?

" Toutes sortes d'enfants, blonds, lumineux, vermeils,
Dont le bleu paradis visite les sommeils
Quand leurs yeux sont fermés la nuit dans les alcôves,
Sont là, groupés devant la cage aux bêtes fauves ;
Ils regardent.
..."

Victor Hugo  L'art d'être grand-père 

mercredi 10 mai 2017

647 - Sourire Kroeung

Cambodge 2013                                      photo 2057  1/30

Ratanakiri, Ban Lung (version n&b post 114)
 Je les avais repérées ces deux femmes ( ethnie Kroeung ) et quand je leur ai demandé pour la photo, elles étaient plutôt contentes. le Sourire est totalement spontané ...
" Le voyage ouvre, épuise, épure, charge, fait craquer les meubles familiers, fait apparaître les images d'un parchemin inachevé..."
Olivier Germain-Thomas  Le bénares- Kyoto

lundi 8 mai 2017

646 - Moto dop

Cambodge 2013                                                                     photo 2058  1/30

Cambodge : Ban Lung, marché du matin, les motos dop (moto taxi ) comme à la parade attendent le client ...

Y avait une fois un taxi
taxi taxi taximètre
qui circulait dans Paris
taxi taxi taxi cuit
il aimait tant les voyages
taxi taxi taximètre
qu'il allait jusqu'en Hongrie
taxi taxi taxi cuit
et qu'il traversait la Manche
taxi taxi taximètre
en empruntant le ferry
taxi taxi taxi cuit
un beau jour il arriva
taxi taxi taximètre
dans les déserts d'Arabie
taxi taxi taxi cuit
il y faisait tellement chaud
taxi taxi taximètre
que sa carrosserie fondit
taxi taxi taxi cuit
et de mème le châssis
taxi taxi taximètre
et tous les pneus y compris
taxi taxi taxi cuit
chauffeurs chauffeurs de taxi
taxi taxi taximètre
écoutez cette morale
taxi taxi taxi cuit
lorsque vous quittez Paris
taxi taxi taximètre
emportez un parapluie
taxi taxi taxi cuit
parapluie ou bien ombrelle
taxi taxi taximètre
un mot est bien vite dit
taxi taxi taxi cuit

Raymond Queneau

vendredi 5 mai 2017

645 - Le rire est beau

Cambodge 2013                                   photo 2056a   1/30

Cambodge : Ban Lung 

" ...
Certes le rire est beau comme la joie est belle,
Quand il est innocent et radieux comme elle !  
..."
Sully Prudhomme

mercredi 3 mai 2017

644 - Une tisseuse

Cambodge 2013                                     photo 2050   1/30

Cambodge Ban Lung  Village Tompuons


Tiens, c'est une tisseuse,
Une tisseuse de liens.
Je vois qu'elle me note
Un rendez-vous.
Elle semble seule,
Les mains libres de me piéger.
Pris au piège dans sa toile,
Elle est face à moi.
Elle me tire les vers du nez.
Malgré moi les liens sortent.
C'est la tisseuse,
La tisseuse de liens.

André Recoupe  La tisseuse

lundi 1 mai 2017

643 - Mains de tisseuses

Cambodge 2013                                                                 photo 2045a   1/30

Cambodge Ban Lung  Village Tompuons

La complainte des tisseuses de soie 
Toujours draps de soie tisserons,
Jamais n’en serons mieux vêtues.
Toujours seront pauvres et nues
Et toujours faim et soif aurons ;
Jamais tant gagner ne saurons
Que mieux en ayons à manger.
Au matin peu et au soir moins ;
Jamais de l’œuvre de nos mains
N’aura chacune pour son vivre
Que quatre deniers de la livre.
Et de ce ne pouvons-nous pas
Assez avoir viandes et draps ;
Car, qui gagne dans la semaine
Vingt sous, n’est mis hors de peine
Des nuits grand’partie nous veillons
Et tout le jour, pour y gagner ;
On nous menace à maltraiter
Nos membres, quand nous reposons
Et pour ce reposer n’osons. 
Chrétien de Troyes

vendredi 21 avril 2017

639 - Les poissons sechés

Cambodge 2013                                                             photo 2448 n&b 1/30

Cambodge : Kampong Chnang,  marché, les poissons sèchés comme à la parade

Un poisson d'avril
Est venu me raconter
Qu'on lui avait pris
Sa jolie corde à sauter
 
C'était un cheval
Qui l'emportait sur son coeur
Le long du canal
Où valsaient les remorqueurs

Et alors
Un serpent
S'est offert comme remplaçant
Le poisson
Très content
Est parti à travers champs

Il saute si haut
Qu'il s'est envolé dans l'air
Il saute si haut
Qu'il s'est retrouvé dans l'eau.

Boris Vian

mercredi 19 avril 2017

638 - Mélancolie

Cambodge 2013                          photo 2438a  n&b  1/30

Cambodge : Kampong Chnang 


" Mon coeur, tremblant des lendemains,
Est comme un oiseau dans tes mains
Qui s’effarouche et qui frissonne.

Il est si timide qu’il faut
Ne lui parler que pas trop haut
Pour que sans crainte il s’abandonne.

Un mot suffit à le navrer,
Un regard en lui fait vibrer
Une inexprimable amertume.
..."
 Albert Samain  Au jardin de l'infante