vendredi 26 janvier 2018
mercredi 24 janvier 2018
lundi 22 janvier 2018
698 - La vendeuse de bétel
Inde 2014 photo 3903 1/30
Inde : Bangalore, marché.
Je ne sais si c''était à cause du bétel, mais il y avait un contentieux entre ces deux là, régulièrement elle se retournait et le tapait à bras raccourcis.
Je ne sais si c''était à cause du bétel, mais il y avait un contentieux entre ces deux là, régulièrement elle se retournait et le tapait à bras raccourcis.
L'usage
du bétel reste très répandu en Asie du sud-est et en Inde pour des
centaines de millions d'individus. A eux seuls les Indiens produisent
250 000 tonnes de noix par an. Dans les mariages les plus opulents, y
compris ceux qui se déroulent dans des lieux très occidentalisés,
de longues tables uniquement réservées au bétel complètent les
buffets, car c'est la touche finale d'un repas. La chique purifie
l'haleine, renforce les gencives, facilite la digestion, elle a un
léger effet stimulant, procure un sentiment de bien-être et produit
un flot de salive rouge.
Beaucoup
se contentent d'une chique de bétel après un bon repas, comme nous
prendrions un café, tandis que d'autres sont complètement
intoxiqués. Ils en consomment à longueur de journée, et passent
leur temps à mastiquer et à recracher et ont les dents et les
gencives colorées en rouge. La tentation est d'autant plus grande
que c'est un " trompe-faim " et qu'elle confère
une énergie illusoire.
Partout
où les Indiens sont en nombre, on trouve du bétel! Et des centaines
de tonnes de paan masala sont exportées en Grande Bretagne, dans les
Emirats, à Doubaï, en Arabie Saoudite, en Malaisie, au Kenya, et
même aux Etats-Unis et au Canada.
vendredi 19 janvier 2018
697 - Le marchand de grenades
Inde 2014 photo 3922 1/30
Inde : Bangalore, un fabuleux marché quotidien
Dures
grenades entr’ouvertes
Cédant à l’excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes !
Cédant à l’excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes !
Si
les soleils par vous subis,
Ô grenades entre-baillées,
Vous ont fait d’orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,
Ô grenades entre-baillées,
Vous ont fait d’orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,
Et
que l’or sec de l’écorce
À la demande d’une force
Crève en gemmes rouges de jus,
À la demande d’une force
Crève en gemmes rouges de jus,
Cette
lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j’eus
De sa secrète architecture.
Fait rêver une âme que j’eus
De sa secrète architecture.
Extrait
de "Charmes"
Paul
VALÉRY
mercredi 17 janvier 2018
696 - Le gardien
Inde 2014 photo 3945b 1/30
Bangalore, Karnataka : le gardien de chantier rêvait d'être un héros de cinéma ...
" ...
Les soleils vous patinent vite,
beaux visages à la peau cuite,
secs et ridés comme les murs.
Race brûlée à profils durs,
tu es ma race, tu es celle
du Feu.
Et j’ai la clé du feu naturel, pacifique.
Et leurs serrures.
Clé des grenades, de l’amour, des coquelicots,
Du rubis primordial et du piment cosmique,
Clé magique qui chauffe ma main, clé solaire.
Et je la tends à l’humanité sans frontières,
A qui la veut,
La clé du Feu. "
beaux visages à la peau cuite,
secs et ridés comme les murs.
Race brûlée à profils durs,
tu es ma race, tu es celle
du Feu.
Et j’ai la clé du feu naturel, pacifique.
Et leurs serrures.
Clé des grenades, de l’amour, des coquelicots,
Du rubis primordial et du piment cosmique,
Clé magique qui chauffe ma main, clé solaire.
Et je la tends à l’humanité sans frontières,
A qui la veut,
La clé du Feu. "
Jorge Carrera Andrade
lundi 15 janvier 2018
695 - Jean Pierre Desvigne Collages p103
collage p.103
Le
chat rêve et ronronne dans la lutherie brune. Il scrute le fond de
l'ébène et de biais lape à distance le tout vif acajou. C'est
l'heure où le sphinx de la garance détend par milliers sa trompe
autour de la fontaine de Vaucluse et où partout la femme n'est plus
qu'un calice débordant de voyelles en liaison avec le magnolia
inimitable de la nuit.
André
Breton
chat rêve et ronronne dans la lutherie brune. Il scrute le fond de
l'ébène et de biais lape à distance le tout vif acajou. C'est
l'heure où le sphinx de la garance détend par milliers sa trompe
autour de la fontaine de Vaucluse et où partout la femme n'est plus
qu'un calice débordant de voyelles en liaison avec le magnolia
inimitable de la nuit.
André
Breton
mardi 14 novembre 2017
lundi 13 novembre 2017
694 - La lavandière
Inde 2014 photo 3972 1/30
Inde : Badami, la lavandière en plein travail ...
"...
Mais l'eau n'interrompt pas sa course aventureuse
Malgré tant de travaux et de sommeils. Voici
La brèche ouverte sur l'horizon obscurci
Par la poussière d'eau. Le lit de pierre plate
Finit brusque, et le flot, pesante nappe, éclate
En un rugissement perpétuel. En bas,
Les rocs éparpillés comme après des combats
De titans, brisent l'eau sur leurs arêtes dures.
Au loin, tout est mouillé. L'audace des verdures
Plantureuses encadre et rompt souvent l'éclat
De la chute écumeuse.
Malgré tant de travaux et de sommeils. Voici
La brèche ouverte sur l'horizon obscurci
Par la poussière d'eau. Le lit de pierre plate
Finit brusque, et le flot, pesante nappe, éclate
En un rugissement perpétuel. En bas,
Les rocs éparpillés comme après des combats
De titans, brisent l'eau sur leurs arêtes dures.
Au loin, tout est mouillé. L'audace des verdures
Plantureuses encadre et rompt souvent l'éclat
De la chute écumeuse.
..."
Charles Cros Le fleuve
vendredi 10 novembre 2017
693 - Journal de bord T1 p 81-82
Journal de bord T1 p 81-82
La lune
on ne la voit dans les fêtes.
Il y a trop de lunes
sur la pelouse !
on ne la voit dans les fêtes.
Il y a trop de lunes
sur la pelouse !
Tout veut jouer à être lune.
La même fête
C’est une lune blessée
qui est tombée sur la ville.
La même fête
C’est une lune blessée
qui est tombée sur la ville.
Des lunes microscopiques
dansent sur les vitres
Et certaines restent
Sur les gros nuages
De la fanfare.
dansent sur les vitres
Et certaines restent
Sur les gros nuages
De la fanfare.
La lune de l’azur
on ne la voit pas dans les fêtes
Elle se voile et soupire :
» J’ai mal aux yeux ! »
on ne la voit pas dans les fêtes
Elle se voile et soupire :
» J’ai mal aux yeux ! »
Federico Garcia Lorca, Poemas de la Feria
Traduction de Winston Perez
Traduction de Winston Perez
mercredi 8 novembre 2017
692 - Corvée d'eau
Inde 2014 photo 3030 1/30
Inde :Chennai, Park Town, la petite porteuse d'eau paraît bien frêle avec cette grosse jarre ....
Les femmes et
les petites filles sont les premières victimes de la crise de l’eau
provoquée par la pollution, la sécheresse et les multinationales,
ces vendeurs d’eau. La corvée de l’eau a toujours existé et
existe partout dans les zones rurales. Les femmes et les jeunes
filles parcourent plusieurs kilomètres, entre 3 heures
et 6 heures à pied tous les matins pour aller chercher l’eau.
Entre 15 et 25% de leur énergie journalière est dépensée pour
cette tâche. Cette corvée présente un obstacle pour la
scolarisation des filles et pour l’émancipation des femmes. Aller
chercher de l’eau fait partie de l’inégalité des sexes.
Saïda
Schreiner in Mediapart
L'article en
totalité
lundi 6 novembre 2017
691 - Les filaos
Inde 2014 photo 3565 1/30
Environs Allepey, Thottapalli Harbour, derrière le rideau de filaos, un minuscule port très ouvert, sur la plage ...
«
Là-bas, au flanc d’un mont couronné par la brume,
Entre deux noirs ravins roulant leurs frais échos,
Sous l’ondulation de l’air chaud qui s’allume
Monte un bois toujours vert de sombres filaos.
Pareil au bruit lointain de la mer sur les sables,
Là-bas, dressant d’un jet ses troncs roides et roux,
Cette étrange forêt aux douleurs ineffables
Pousse un gémissement lugubre, immense et doux.
Là-bas, bien loin d’ici, dans l’épaisseur de l’ombre,
Et tous pris d’un frisson extatique, à jamais,
Ces filaos songeurs croisent leurs nefs sans nombre,
Et dardent vers le ciel leurs flexibles sommets.
Le vent frémit sans cesse à travers leurs branchages,
Et prolonge en glissant sur leurs cheveux froissés,
Pareil au bruit lointain de la mer sur les plages,
Un chant grave et houleux dans les taillis bercés.
Des profondeurs du bois, des rampes sur la plaine,
Du matin jusqu’au soir, sans relâche, on entend
Sous la ramure frêle une sonore haleine,
Qui naît, accourt, s’emplit, se déroule et s’étend
Sourde ou retentissante, et d’arcade en arcade
Va se perdre aux confins noyés de brouillards froids,
Comme le bruit lointain de la mer dans la rade
S’allonge sous les nuits pleines de longs effrois.
Et derrière les fûts pointant leurs grêles branches
Au rebord de la gorge où pendent les mouffias,
Par place, on aperçoit, semés de taches blanches,
Sous les nappes de feu qui pétillent en bas,
Les champs jaunes et verts descendus aux rivages,
Puis l’océan qui brille et monte vers le ciel.
Nulle rumeur humaine à ces hauteurs sauvages
N’arrive. Et ce soupir, ce murmure immortel,
Pareil au bruit lointain de la mer sur les côtes,
Entre deux noirs ravins roulant leurs frais échos,
Sous l’ondulation de l’air chaud qui s’allume
Monte un bois toujours vert de sombres filaos.
Pareil au bruit lointain de la mer sur les sables,
Là-bas, dressant d’un jet ses troncs roides et roux,
Cette étrange forêt aux douleurs ineffables
Pousse un gémissement lugubre, immense et doux.
Là-bas, bien loin d’ici, dans l’épaisseur de l’ombre,
Et tous pris d’un frisson extatique, à jamais,
Ces filaos songeurs croisent leurs nefs sans nombre,
Et dardent vers le ciel leurs flexibles sommets.
Le vent frémit sans cesse à travers leurs branchages,
Et prolonge en glissant sur leurs cheveux froissés,
Pareil au bruit lointain de la mer sur les plages,
Un chant grave et houleux dans les taillis bercés.
Des profondeurs du bois, des rampes sur la plaine,
Du matin jusqu’au soir, sans relâche, on entend
Sous la ramure frêle une sonore haleine,
Qui naît, accourt, s’emplit, se déroule et s’étend
Sourde ou retentissante, et d’arcade en arcade
Va se perdre aux confins noyés de brouillards froids,
Comme le bruit lointain de la mer dans la rade
S’allonge sous les nuits pleines de longs effrois.
Et derrière les fûts pointant leurs grêles branches
Au rebord de la gorge où pendent les mouffias,
Par place, on aperçoit, semés de taches blanches,
Sous les nappes de feu qui pétillent en bas,
Les champs jaunes et verts descendus aux rivages,
Puis l’océan qui brille et monte vers le ciel.
Nulle rumeur humaine à ces hauteurs sauvages
N’arrive. Et ce soupir, ce murmure immortel,
Pareil au bruit lointain de la mer sur les côtes,
... »
Léon Dierx Les filaos
vendredi 3 novembre 2017
690 - Lagune
Sri Lanka 2016 photo 4981 n&b sepia 1/30
Sri Lanka : Negombo, la lagune
" Pas de satin
feutrés,
ou velours de brouillard,
l’esprit
gante l’émoi
d’une ganse de soie,
puis tisse le silence
de la nuit assoupie
aux bruissements
de rames
parfumées
et lascives.
feutrés,
ou velours de brouillard,
l’esprit
gante l’émoi
d’une ganse de soie,
puis tisse le silence
de la nuit assoupie
aux bruissements
de rames
parfumées
et lascives.
..."
Francis Etienne Sicard Lazzi sur la lagune
mercredi 1 novembre 2017
lundi 30 octobre 2017
688 - Les lavandières
Inde 2014 photo 3970 n&b
Inde : Les lavandières de Badami
"....
Puis la plaine avec ses moissons, puis les hameaux
D'où viennent s'abreuver, au bord, les animaux :
Bœufs, chevaux ; tandis qu'en amont, les lavandières
Font claquer leurs battoirs sur le linge et les pierres.
Ou bien plongent leurs bras nacrés dans l'eau qui court,
Et, montrant leurs pieds nus, le jupon troussé court,
Chantent une chanson où le roi les épouse.
Chanson, pieds nus, bras blancs, font que ce gars en blouse
Distrait, laisse aller seul son cheval fatigué,
Fumant, poitrail dans l'eau, par les courbes du gué.
D'où viennent s'abreuver, au bord, les animaux :
Bœufs, chevaux ; tandis qu'en amont, les lavandières
Font claquer leurs battoirs sur le linge et les pierres.
Ou bien plongent leurs bras nacrés dans l'eau qui court,
Et, montrant leurs pieds nus, le jupon troussé court,
Chantent une chanson où le roi les épouse.
Chanson, pieds nus, bras blancs, font que ce gars en blouse
Distrait, laisse aller seul son cheval fatigué,
Fumant, poitrail dans l'eau, par les courbes du gué.
..."
Charles Cros Le fleuve
vendredi 27 octobre 2017
687 - Aux femmes
Inde 2014 photo 3913 n&b 1/30
Inde : Bangalore, marché ...
"...
L'heure sonne, écoutez, c'est l'heure de la femme ;
Car les temps sont venus, où, tout vêtu de noir,
L'homme, funèbre, a l'air d'être en deuil de son âme
Ah ! rendez-lui son âme, et, comme en un miroir,
Qu'il regarde en la vôtre et qu'il aime à s'y voir.
Car les temps sont venus, où, tout vêtu de noir,
L'homme, funèbre, a l'air d'être en deuil de son âme
Ah ! rendez-lui son âme, et, comme en un miroir,
Qu'il regarde en la vôtre et qu'il aime à s'y voir.
..."
Germain Nouveau Aux femmes
mercredi 25 octobre 2017
686 - Mère et fils
Inde 2015 photo 4902 1/30
Inde : Chennai, rencontre dans le quartier de Chintadripet ....
Quelquefois sur ma tête elle met ses mains pures,
Blanches, ainsi que des frissons blancs de guipures.
Blanches, ainsi que des frissons blancs de guipures.
Elle me baise au front, me parle tendrement,
D’une voix au son d’or mélancoliquement.
D’une voix au son d’or mélancoliquement.
Elle a les yeux couleur de ma vague chimère,
O toute poésie, ô toute extase, ô Mère !
O toute poésie, ô toute extase, ô Mère !
A l’autel de ses pieds je l’honore en pleurant,
Je suis toujours petit pour elle, quoique grand.
Je suis toujours petit pour elle, quoique grand.
Emile Nelligan, Motifs poétiques
lundi 23 octobre 2017
685 - Les pinisi
Indonésie 2015 photo 5105a 1/30
Indonésie :Île de Java, Jakarta, port Sunda Kelapa
Les grands pinisi continuent de transporter le fret à la voile ....
Les grands pinisi continuent de transporter le fret à la voile ....
Blancheur
des vagues dans la crique
Du
soir au matin incessantes
Blancheur
de l'île sous les fleurs
Mais
une seule est enivrante
Memutih ombak di rantau
Petang dan pagi tidak bersela
Memutih bunga di pulau
Setangkai yang menggila
Terjemahan Dari
vendredi 20 octobre 2017
684 - Banana street
Inde 2015 photo 5037a 1/30
Inde : Mysore
En ce pays des perles, de l’aurore,
Des frais lotus et du parler divin,
La poésie a l’horreur du mesquin.
De mon cerveau si je tire à grand peine,
Tant bien que mal, quelques cents vers ici,
C’est déjà trop ; la muse hors d’haleine
Demande grâce et le public aussi.
Dans l’Inde seule ils se font par cent mille
Ces mêmes vers, bien plus, on les y lit.
... »
Louise Ackermann Savitri
Des frais lotus et du parler divin,
La poésie a l’horreur du mesquin.
De mon cerveau si je tire à grand peine,
Tant bien que mal, quelques cents vers ici,
C’est déjà trop ; la muse hors d’haleine
Demande grâce et le public aussi.
Dans l’Inde seule ils se font par cent mille
Ces mêmes vers, bien plus, on les y lit.
... »
Louise Ackermann Savitri
jeudi 19 octobre 2017
mercredi 18 octobre 2017
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